the masks. An essential accessory

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Solidarité bruxelloise : fabrication de blouses médicales

14 April 2020
© E/A/SMITH / MAD, Home of Creators

Au troisième étage des Arts et Métiers de la Ville de Bruxelles, l’Institut Jeanne Toussaint ne désemplit pas d’activité. Bien que l’école soit fermée depuis le 16 mars dernier, aux machines à coudre, aux poids, aux surjeteuses, aux ciseaux, les visages concentrés d’une quinzaine de bénévoles s’exécutent.

Ils sont une quinzaine  et ont répondu présents à l’appel de la nécessité. Ils forment l’équipe de la chaîne de production de blouses médicales lancée cette semaine au profit du CHU-Saint-Pierre.

Organisés en deux pôles distincts pour la couture (trois salles) et la découpe (deux), les objets passent de mains en mains à travers les différentes étapes. Sous les encouragements musicaux d’une radio qui résonne, l’un s’occupe des cols, une autre découpe tandis qu’un autre empaquette.

William, étudiant à la Haute École Francisco Ferrer, en congé de Pâques : « J’ai donc profité de ce moment pour effectuer un bénévolat en y ajoutant ma passion, la couture. » Pour Brigitte, architecte d’intérieur, elle s’est décidée car elle a déjà un atelier de confection. « J’ai l’habitude des machines industrielles, et une tête très organisée pour programmer une production. »
Et ça fonctionne. Leur productivité ne cesse d’augmenter. Quand en début de la semaine, une journée aura été nécessaire pour réaliser 30 blouses, ce mercredi matin aura suffi pour atteindre le même résultat.

Carole Mengal, Directrice de l’Institut Jeanne Toussaint, revient sur la genèse du projet.
« Dès le début du confinement, on a été contacté par le MAD, Home of Creators pour être intégré dans un projet de production de masques de protection qui était coordonné par l’ASBL TRAVIE et la Région Bruxelloise. Avec mon équipe, nous avons été sensibilisés par ce projet parce que nos étudiants étaient confinés à domicile, et très rapidement on a vu la possibilité de contribuer au manque de masques. Peu de temps après, on a constaté en Belgique un manque également de blouses médicales, et donc un deuxième projet est né par l’entremise de la Ville de Bruxelles cette fois.

En une semaine, il était en place, et on a collaboré avec le MAD, Home of Creators. Au sein du campus on dispose des ateliers, aussi a-t-on privilégié les mesures de sécurité en n’appelant pas trop de bénévoles sur place, et en bénéficiant d’une chaîne de production bien précise (des coupeurs, des couturiers, des personnes qui assemblent les différents éléments) avec des bénévoles très enthousiastes. Ici on travaille avec des mesures de sécurité et d’hygiène respectées, notamment à travers la distance sociale. À travers ces deux projets, ce qu’on peut constater c’est qu’Il y a une vraie volonté de trouver des solutions, un grand dynamisme et il est possible de produire de manière locale, rapide et qualitative ; les personnes que nous avons intégrées devaient absolument savoir coudre. Il y a aussi nos étudiants et des professeurs d’autres écoles de la Ville.

Construire ce projet de manière efficace avec des personnes compétentes était la condition 
sine qua non.  Concernant le futur, la question qu’on se pose dans l’équipe pédagogique, est qu’il serait intéressant dans le cadre d’un cursus scolaire d’initier des projets similaires, c’est à dire avec des chaînes de productions locales. Elles pourraient continuer de manière pérenne en lien avec ce genre de production solidaire. On reste une école où ce genre de projets est facilement mis en place. Les choses sont possibles, il est possible de le faire, avec d’autres ASBL et d’autres types de demande. Maintenir une solidarité est une optique intéressante. »

  ©  E/A/SMITH / MAD, Home of Creators
  ©  E/A/SMITH / MAD, Home of Creators
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"Il y a une vraie volonté de trouver des solutions, un grand dynamisme et il est possible de produire de manière locale, rapide et qualitative"

Carole Mengal, Directrice Inst. Jeanne Toussaint

Mais elle n’est pas la seule à partager cet enthousiasme au sein de l’Institut. C’est le cas d’Aurore Barbier, ancienne étudiante, diplômée en juin dernier. Il fallait une personne qui connaissait le matériel pour encadrer les équipes de bénévoles qui allaitent être mobilisés : « Ce que je fais, c’est dispatcher les différentes tâches, répondre aux besoins demandés dans les différentes étapes de la conception, appréhender le rythme. Je participe également à la confection pour fluidifier la démarche et aller le plus vite possible. »

MAD, Home of Creators tient à remercier, une fois encore, toutes les personnes mobilisées autour de ce magnifique élan de solidarité. Espérons que ces filières responsables pourront s’inscrire dans une réflexion plus globale et plus pérenne, loin de l’urgence mais avec la même intelligence collective.

  ©  E/A/SMITH / MAD, Home of Creators
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